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Jilla est né le premier jour du carême musulman au mois d’août en 1808 dans la tribu des chourafas, l’une des tribus bédouines éparpillées dans la steppe du Draa, ainsi nommée d’après la belle rivière qui coule en méandres dans un régime irrégulier des hauts
sommets de l’atlas saharien et traverse tout le Draa pour se jeter à l’océan atlantique à l’ouest extrême du Maghreb.
Elle forme la limite naturelle entre les montagnes du nord et la steppe.
La région où naquit Jilla était, par conséquent, un carrefour naturel pour le commerce transsaharien et une région pastorale très riche.
C’était aussi un carrefour stratégique, car aucun trajet, en temps de paix ou de guerre,
ne pouvait éviter cette région.
Du nord au sud, de l’est à l’ouest, elle commandait l’accès des routes de l’empire
vers l’Afrique noire.
La ville la plus proche est Sijilmassa et la plus éloignée au sud dans le désert aride : c’est la légendaire Tombouctou.
La première tête de ligne des routes vers le sud fut Sijilmassa la reliant au Ghana à travers Tamdoult, Tindouf, Zemour et Waddan .Et l'axe reliant Sijilmassa au Soudan sub-saharien par les salines de Taghza et Tombouctou .C' est le chemin du trafic caravanier entre Bilad el Soudan (actuels pays du Sahel), le Maghreb, l'Orient et l’Europe.
Le commerce avec le soudan historique se basait sur le troc. La principale monnaie d’échange était les barres de sel échangées contre l’or. Il y avait aussi d’autres produits de troc comme les denrées communes très sollicitées par les communautés du désert notamment les métaux ( barres de fer, laiton, étain), les ustensiles de cuivre, les chevaux et selles, les cotonnades, le papier à écrire, la verrerie, la céramique, maroquinerie et autres articles utiles. En contre partie les importations comprenaient l’or, les plantes médicinales, les plumes d’autruche, le corne de gazelle, le bois d’ébène et l’ambre
Les tribus étaient renommées pour leur tradition réformiste, la pureté de leur
religion et la noblesse de ses origines bédouines.
A la fin du règne almohade et des débuts mérinides et plus précisément Saadiens,
cette région était un centre intellectuel de haute théologie musulmane ; par conséquent un lieu de dissidence et de révolte ; elle formait les meilleurs commandeurs de guerre sainte et se vantait aussi de fournir un nombre important de contingents de combattants de la foi.
Les généraux musulmans d’orient et du Maghreb qui soutinrent la croulante dynastie almohade
et les réformistes purs qui l’abattirent recrutèrent leurs hommes de cette région
du Draa et de la Moulouya.
Pendant longtemps, le Draa s’est trouvé sur le passage de guerres tribales pour le contrôle du trafic des caravanes du soudan vers le Nord hispano maure.
En dépit de la richesse du commerce des caravanes, les bédouins de cette région étaient
des puritains et haïssaient le despotisme des rais de taifas et leurs mœurs religieuses et de gouvernance.
Les succès de leurs guerres saintes et la fondation de leur brillant empire resta, à jamais, gravé dans la mémoire de chacune des tribus locales.
La future libération de tout le Maghreb des forces étrangères existait déjà à l’état
embryonnaire dans les foyers bédouins musulmans, lorsque Jilla vint au monde.
à suivre !
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