la religion c'est du pareil au même....
était une «foi» un homme
Richard Martineau
Le Journal de Montréal
16/05/2007 07h10
Quand on parle d'extrémisme religieux, on vise toujours les juifs orthodoxes ou les musulmans fondamentalistes. On «oublie» toujours les extrémistes chrétiens.
Pourtant, il y en a. Et ils sont tout aussi dangereux.
Prenez Jerry Falwell, par exemple, le célèbre évangéliste américain qui est allé rejoindre son créateur hier.
Cet homme n'avait rien à envier aux malades d'Allah ou de Yahvé.
Des perles de sagesse
Au cours de sa carrière, le bonhomme a lancé plusieurs affirmations qui feraient le bonheur des fondamentalistes juifs et musulmans. En voici un florilège:
«Le sida n'est pas seulement le résultat de la colère de Dieu contre les homosexuels. C'est le résultat de la colère de Dieu contre les sociétés qui acceptent les homosexuels.»
«Je rêve du jour où il n'y aura plus d'écoles publiques dans mon pays. Les églises les remplaceront, et elles seront dirigées par des chrétiens.»
«Comme les esclaves et les soldats, les chrétiens devraient obéir aux ordres sans poser de questions.»
«L'idée que la politique et la religion ne devraient jamais être liées a été inventée par Satan dans le but d'empêcher les chrétiens de diriger le pays.»
«Le concept de réchauffement de la planète a été inventé dans le but de détruire notre système économique.»
«Les militants pro-choix, les féministes, les lesbiennes et les gais sont responsables des attaques du 11 septembre, car ils ont attisé la colère de Dieu...»
Bref, vous voyez le genre.
Un homme de pouvoir
Vous me direz que cet hurluberlu n'avait aucun pouvoir. Faux.
Le bonhomme a fondé une université, il a publié un mensuel, il a milité activement contre les droits civiques, il a produit un documentaire anti-Clinton et il entretenait des liens étroits avec Ronald Reagan et la famille Bush.
De plus, son organisme d'extrême droite, The Moral Majority, qui, à son apogée, comptait près de quatre millions de membres, a joué un rôle déterminant dans l'élection de Ronald Reagan et l'adoption de lois destinées à criminaliser l'homosexualité et l'avortement.
Bref, grâce à Falwell, la religion est entrée à la Maison-Blanche par la porte d'en avant.
Et elle n'en est jamais sortie.
Les deux patrons
Les groupes de défense des droits de la personne disent qu'il faut lutter contre le fondamentalisme religieux. Parfaitement d'accord.
Mais il faut lutter contre TOUS les fondamentalismes religieux, pas seulement contre ceux qui préconisent le port de la burka ou de la barbe.
Voilà pourquoi je suis mal à l'aise avec la présence d'un crucifix dans notre Parlement.
Parce que la religion n'a rien à voir avec la politique. Pas seulement la religion juive ou la religion musulmane: TOUTES les religions. Si on est contre les accommodements raisonnables, on est contre TOUS les accommodements raisonnables.
Le 6 mai dernier, l'ex-curé Raymond Gravel, qui siège comme député bloquiste à la Chambre des communes, a dit : «Moi, j'ai deux boss. Le premier, c'est mon évêque, et le second, c'est Gilles Duceppe.»
Quand j'ai lu ça, je suis tombé en bas de ma chaise. Si jamais un projet de loi recriminalisant l'avortement se retrouvait sur le bureau des députés fédéraux, il suivrait quel boss, monsieur Gravel ? Le premier, ou le deuxième ?
Que dirait le pape si un curé affirmait que le Code civil est un livre plus important que la Bible?
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