Chapitre 2
Quinze ans. L’âge ingrat par excellence. Nul besoin de vous expliquer que lors des boums je faisais tapisserie. Aucun garçon, même le petit gros ou le grand boutonneux ne serait venu m’inviter pour tout l’or du monde !
Ma mère m’obligeait à aller à ces fêtes sous prétexte qu’il n’était pas bon que je reste plonger dans des livres à longueur de journée.
J’étais encore solitaire. Bien sur j’avais bien quelques copines. Elles aussi étaient des laissés pour compte. Trop grandes. Trop grosses. Avec des lunettes. Un gros nez.
Pour ne rien arranger j’avais développé une forte poitrine dès l’âge de 12 ans. Résultat j’avais eu droit à tous les tours inimaginables des garçons en quête de défi à relever. Je ne compte plus le nombre de fois ou un garçon m’a pincé un sein en criant victoire à qui voulait bien l’entendre.
Afin de camoufler ces porte-étendard je portais des vêtements amples et sans forme. Je ressemblais à un militaire en tenu de camouflage. Des chandails amples trois fois trop grand pour moi et un pantalon en coton de style militaire. Un vrai garçon manqué. J’avais même coupé mes longs cheveux pour une coupe à la garçonne. Je dissimulais mes traits désormais grâce à une casquette kaki de même couleur que le pantalon « of course ! ».
Je m’efforçai d’avoir l’air détaché de tout. Mes notes étaient moyennes mais sans plus. Il faut dire que je n’avais pas trop la tête à étudier. La situation familiale n’était pas rose et c’était un peu difficile d’étudier dans les cris, les larmes et les dépressions à répétition de ma mère.
Je m’étais trouvé un refuge. Un parc abandonné pas très loin de chez moi avec vue sur le Fleuve St-Laurent. L’eau a toujours eu un effet très apaisant pour moi. Et là, dans le silence que seul le vent dans les feuilles venait parfois troubler j’ingurgitais des tonnes de bouquins.
J’avais déjà lu « Les mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand » , « Neige Noire de Hubert Aquin » et j’en passe.
J’avais à cette époque un faible pour les romans historiques.
Et je rêvais de prince charmant, d’amour éternel, de bonté et de beauté.
A suivre …
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L'amour, s'il unit les êtres, ne les dissout pas l'un dans l'autre. Citation de Georges Dor.
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