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Vieux 28/06/2007, 14h59   #26 (permalink)
BelAnge
 
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C'est drôle, je suis probablement la plus féministe d'entre vous toutes et j'en suis d'ailleurs très fière. Et je peux affirmer qu'on peut être très féministe sans être frustrée, sans être enragée, sans brandir sa brassière au-dessus de la tête.

Je suis demeurée à la maison avec mes enfants quelques années, j'en ressentais le besoin, mais je me suis aussi occupée de ma carrière en cours de route (j'ai fait mon bacc avec 2 enfants, un troisième s'est greffé en cours de route... et quand je suis retournée terminer ma maîtrise, j'avais 4 enfants et plus de 40 ans de vie). Ce n'est donc pas le féminisme qui fait qu'on peut bouillir devant certains propos, mais la généralisation qui semble la règle à suivre.

Ce n'est pas parce qu'on choisit de demeurer à la maison ou qu'on opte pour la carrière qu'une option vaut mieux que l'autre en général, c'est vrai pour soi et uniquement pour soi. L'avénement du féminisme, même le radical, n'a pas détruit les valeurs et la vie en général, mais a remis en question bien des règles qui brisaient des vies auparavant.

On peut être féministe et demeurer à la maison sans discréditer les femmes qui choisissent une autre voie, et les comprendre en plus. On peut aussi être féministe, choisir la voie du boulot avec enfants en garderie (mon cas à quelques reprises aussi) sans discréditer les femmes qui demeurent à la maison avec enfants... et les comprendre. Le bobo c'est quand on ne comprend pas les deux choix et toutes les possibilités entre les deux, car on peut varier à volonté ses décisions envers la conciliation travail-famille.

C'est très réducteur, à mon avis, de renvoyer les femmes à leurs chaudrons en pensant que la vie va s'améliorer partout...

J'ai corrigé une thèse de doctorat il y a 2 semaines et l'homme, un monsieur du Burkina Faso, a effectué une analyse des 3 grandes instances internationales qui chapeautent l'éducation dans les pays en développement, en Afrique notamment, en utilisant l'approche féministe comme cadre d'analyse... ne serait-ce que parce que ces organisations octroient des deniers à ces pays pour que «tous» aient accès à l'éducation, les femmes et les filles aussi. Son analyse mettait en perspective plusieurs réserves. Alors... même dans les pays d'Afrique le féminisme commence à être reconnu comme une valeur pour améliorer les conditions de tous et de toutes, tant en éducation qu'ailleurs. Je pense qu'il faut faire attention quand on décrie le féminisme... Peut-être est-ce mon lien particulier avec des Africains universitaires, aux 2e et 3e cycles, qui fait que je sais à quel point les analyses féministes permettent de mieux recadrer la perspective de ce qui se passe dans tous les pays du monde. Ce n'est pas pour juger ou critiquer ou reprocher, juste pour analyser en tenant compte systématiquement des effets produits et pour les femmes et pour les hommes. La thèse de Lagi (le prénom du monsieur) est très riche et fort intéressante.

C'est drôle, je ne suis pas une féministe frustrée, mais je suis très très féministe par exemple et de voir à quel point on réduit le féminisme à un cadre si restrictif: «les frustrées» m'achale au plus haut point. Il y a autant de féminismes et de féministes qu'on peut en imaginer, alors avant de hurler aux louves, siouplaît, pourriez-vous juste penser qu'il y a peut-être des féministes comme moi ici, plus ouvertes, plus respectueuses, plus engagées, plus communautaires, solidaires et humanistes? Thank you!
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Quand la mère et la mer ne font qu'un, les éléments nous atteignent directement dans l'âme...
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