Merciiiiiiii
Chapitre 4
Ma mère n’avait guère les moyens de me permettre de faire de grandes études tant et si bien que je décidai d’opter pour une formation professionnelle.
A dix-huit ans, mon diplôme de secrétariat en poche, je partis à la conquête du monde. Je trouvai rapidement un travail dans une entreprise de construction ou je n’avais que des contacts très réduits avec les employés et la clientèle ce qui me convenait très bien.
Je travaillais depuis huit mois pour cette compagnie lorsque la secrétaire de direction tomba malade et elle du s’absenter pendant plusieurs semaines.
Nous approchions de la fin de l’année et des rapports urgents devant être déposés devant le conseil d’administration, mon patron, Eric B., me demanda si je pouvais me charger de tout ça.
Pendant des soirs nous sommes restés au bureau lui et moi afin de compiler toutes les données et je pus préparer dans les temps les rapports demandés.
En récompense de mes loyaux services non seulement il me remboursa tout mon temps supplémentaire mais j’eus même droit à une prime.
Je profitai de cette « manne » imprévue pour recycler ma garde-robe et j’achetai quelques robes et tailleurs qui m’allaient très bien aux dires de ma mère.
Le soir de la fête de Noël du bureau, Eric B. m’offrit de me raccompagner chez moi. Était-ce le champagne, la solitude, mes hormones je ne saurais le dire mais Eric B. et moi devinrent amants ce soir là.
Il quitta à 2 heures du matin en me laissant un petit mot tout doux, tout mignon.
S’amorça alors une liaison secrète. Eric m’expliqua qu’il était très discret et qu’il serait de mauvais ton de s’afficher au bureau ne serait-ce pour ne pas exacerber les jalousies des autres secrétaires.
Pendant des mois, Eric venait me retrouver dans un petit appartement qu’il avait loué pour moi. Je lui préparai des petits plats. Le dorlotai tout plein. Musique douce, chandelles, bains moussants, massages, nuits torrides ou je me soumettais de bonne grâce à toutes les nouveautés proposées. Nous sortions très rarement. Eric préférait regarder des films à la maison. De toute façon il était tellement prit qu’il était très rare qu’il passe la nuit complète à la maison.
J’aurais du me douter qu’il y avait anguille sous roche. Qu’il était curieux qu’il ne m’ait jamais invité chez lui ! Curieux qu’il arrive à des heures peu habituelles ou encore qu’il ne puisse rester à coucher plus longtemps. Mais j’étais si naïve !
Un matin, alors que je me servais un petit café ma collègue Nancy s’approcha de moi avec un grand sourire et me dit : « Dis, c’est toi qui fais la collecte pour la naissance du bébé ? »
« De quel bébé parles-tu Nancy ? lui demandais-je »
« Mais du bébé que la femme d’Eric vient de mettre au monde ! »
Il me fallu tout mon self-contrôle pour ne pas m’écraser, là, devant elle.
Un peu plus tard j’allai retrouver Eric dans son bureau et lui demandai si cette « nouvelle » était vraie ?
La mine déconfite Eric m’expliqua que cela n’allait plus très bien avec sa femme. Qu’ils vivaient même séparé depuis quelques temps ! Que la venue de l’enfant compliquait un peu les choses ! Il me demanda d’être patiente. Que bientôt il serait totalement libre ! Qu’il ne m’en avait pas parlé parce qu’il a avait peur de me perdre ! Que c’est moi qu’il aimait etc. !
Et je l’ai cru.
Bien sur la venue de l’enfant a changé plusieurs choses dans notre relation. Je ne compte pas le nombre de fois ou il m’a appelé à la dernière minute pour me dire qu’il ne pourrait venir finalement. Le nombre de fois ou j’ai du jeter à la poubelle le repas carbonisé.
Pour me prouver sa bonne foi il m’invita plusieurs fois dans son petit pied-à-terre et me faisait lui-même la cuisine.
Malheureusement l’ombre de sa femme planait sur notre amour. Il n’arrêtait pas de me dire de patienter. Que bientôt il allait pouvoir la quitter mais que ce n’était guère possible maintenant car elle était dépressive et qu’il craignait que le petit ne subisse les conséquences d’un divorce !
Encore une fois, je l’ai cru. Pendant deux ans.
Jusqu’au jour ou j’ai appris que sa « femme » était à nouveau enceinte.
Cette fois c’est lui qui m’apprit « l’heureuse nouvelle » en me disant qu’elle l’avait coincé un soir de beuverie. Qu’il regrettait ! Que cet enfant remettait tout en question !
Il se montra bon prince. Il m’assura qu’il assumerait les frais de l’appartement pendant 6 mois, le temps de pouvoir me relocaliser. Puis il vit le nécessaire pour que je sois muté dans un autre département. Bref, il fut très chic. Je quittai aussitôt l’appartement et retournai chez ma mère, j’avais ma fierté tout de même !
Quelques semaines plus tard une nouvelle secrétaire de direction entra en fonction. Belle comme le jour. Mince, de longues jambes effilées, les yeux verts, la bouche en cœur.
Elle ne mit pas longtemps à emménager dans mon ancien appartement. La place était encore chaude si on peut dire.
Il l'amenait au théatre, voir des spectacles.
Fier de l'avoir à son bras ... une beauté pareille !
A suivre …