Chapitre 11
Je signai à Alain une procuration dans laquelle je faisais de lui mon courtier en placement.
Je fis ajouter au contrat une petite clause à l’effet que toutes les transactions devaient être autorisées par écrit.
Et je lui ai remis un chèque certifié la somme de 500 000$ en lui disant que je n’y connaissais rien mais que je lui faisais confiance.
Pendant les semaines qui suivirent cette entente j’épluchai et j’appris par cœur le code de déontologie de la profession de courtier en valeurs mobilières. Et je trouvai là tous les ingrédients qui me permettraient d’assouvir ma vengeance.
Un petit coup de fil à un ex-ami amant propriétaire d’une quincaillerie et je mis en branle la roue qui allait broyer à mort ce cher et tendre Alain.
Ce dernier m’était très … dévoué. Il m’appelait sous n’importe quel prétexte pour me faire signer des documents. Me tenir au courant des placements de la semaine etc.
Je le recevais à la maison. Lui servait un verre de vin blanc et l’écoutait religieusement tout en lui prodiguant des compliments à profusion
De professionnel notre relation évolua. Il me parlait de plus en plus de lui. De sa vie privée ou plutôt du fait qu’il n’avait pas de vie privée faute de temps car son travail l’accaparant totalement. Il m’avoua surtout ne pas avoir rencontré « la » femme pour lui. Son âme sœur.
Pour ma part j’étais très bien dans la peau d’une veuve éplorée. Je poussais parfois de profonds soupirs avouant à Alain à quel point mon défunt mari me manquait. Je lui confiai que jamais je ne pourrais trouver un homme aussi admirable, tendre et passionnée que lui. Lui racontant des détails sur notre vie intime à faire rougir même un acteur de film pornographique.
Je poussai l’audace jusqu'à l’embrasser un soir tout en m’excusant de mon attitude. « La solitude sans doute ! » Lui dis-je. Je ne pouvais pas ! C’était trop tôt. J’avais si honte de moi. Mon mari allait sans doute se retourner dans sa tombe !
Sans doute tout était lié au fait que nous nous voyions trop souvent. J'étais trop sensible à son charme à sa gentillesse. Je bredouillais mes excuses les larmes aux yeux.
Alain me rassura. Mon mari, s’il m’avait aimé aussi fort que je le lui avais dit, ne voulait sûrement que mon bonheur et il m’avoua qu’il était amoureux fou de moi.
Je résistai. Quelques semaines encore. Et puis …
A suivre …
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L'amour, s'il unit les êtres, ne les dissout pas l'un dans l'autre. Citation de Georges Dor.
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