Chapitre 9
Les semaines passèrent. Je fini par trouver un autre emploi à temps plein à savoir journalier dans un grand magasin. Je travaillais de nuit. De 23h00 à 8h00 du matin. Mon travail consistait à remplir les étalages de marchandises récemment reçues et à les étiqueter.
C’était un boulot pénard. Même si nous étions plusieurs à travailler de nuit nous n’avions guère de contact avec les autres car chacun s’occupait d’un département différent.
Je préférais cela. Je n’aimais pas trop le travail d’équipe. Et j’aimais encore moins les questions sur ma vie privée !
Ce travail étant plus loin de notre maison je rentrais à la maison vers 9h15-9h30. Je grignotais un peu. Dormait jusqu'à 14h00. Dînait seul. Puis vers 15h15 j’allais chercher les enfants à l’école et je m’occupais d’eux en attendant Hélène qui rentrait généralement vers 17h30.
La plupart du temps nous mangions des plats surgelés pour souper. J’avais fait un jour une remarque à ce sujet à Hélène et la réponse fut cinglante ! « Si ça ne te convient pas, fait-le toi le souper ! ».
Je remettais à chaque semaine mon salaire à Hélène qui le déposait dans notre compte conjoint. Elle me donnait 25$ de dépense par semaine. Une chance que je ne fumais plus depuis belle lurette ! Mais j’étais prêt à bien des sacrifices pour pouvoir retourner aux études et ainsi me garantir un meilleur avenir dans ce pays.
Nous venions de célébrer notre 2ième anniversaire de mariage. Comme le temps passait vite ! J’annonçai à Hélène que j’allais m’inscrire à l’Université dans quelques mois, en septembre.
Hélène me répondit que cela n’était pas possible pour l’instant. Devant mes questions elle m’avoua qu’elle avait utilisé une grande partie de « mon » salaire pour payer des dettes et aussi acheter de nouveaux manteaux d’hiver aux enfants. En résumé, il ne restait plus grand chose de « mes » économies !
J’étais abasourdi ! Comment cela était-il possible ? Je lui avais fais confiance ! Totalement confiance !
Nous eûmes une scène terrible. Hélène quitta la maison avec les enfants et me dit qu’ils passeraient la nuit chez ses parents le temps que je retrouve mon calme.
J’appelais mon patron et prétendit que je souffrais d’une gastro pour ne pas aller travailler cette nuit là.
Durant la soirée, je décidai d’écrire à mon frère pour prendre des nouvelles de la famille. En farfouillant dans l’ordinateur je trouvai plusieurs photos d’un homme qui m’était inconnu.
A la fin de la nuit je savais à quoi m’en tenir. Ma « femme » avait un amant. Depuis des mois ! Leurs correspondances ne laissaient aucun doute sur la nature de leur relation.
Non seulement elle m’avait « volée » mais en plus elle m’avait trompée ! Avec un noir en plus ! Un Congolais qui vivait à Montréal depuis des années.
S’en était trop.
Mais quoi faire ? Je n’avais aucun sous, aucun ami dans ce pays, rien.
Je devais réfléchir.
A suivre …
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L'amour, s'il unit les êtres, ne les dissout pas l'un dans l'autre. Citation de Georges Dor.
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