Chapitre 15
A mon arrivé à Casablanca mon frère Rachid m’attendait. C’est fou comme il avait vieillit en trois ans !
Tout le long du chemin nous menant à la maison il me raconta les dernières nouvelles. Maman s’inquiétait beaucoup pour moi. Mon père rentrait de plus en plus tard à la maison. Fatima et Salim se chicanaient sans cesse pour des riens ce qui rendait maman de plus en plus nerveuse !
Pour le reste tout était resté pareil et chacun faisait ce qu’il pouvait pour vivre avec ce qu’il avait.
En poussant la porte de la maison je trouvai toute la famille qui était là à m’attendre. J’eus les larmes aux yeux en voyant ma mère. Elle avait perdu beaucoup de poids et semblait très malade. Je la serrai dans mes bras pendant de très longues minutes avant que mes sœurs ne se précipitent à leur tour pour m’embrasser.
Mon père se tenait légèrement en retrait comme toujours et lorsque je lui tendis la main il me prit dans ces bras et me donna l’accolade : Bienvenu à la maison mon fils !
J’ouvris la malle qui contenait les cadeaux et j’en fis la distribution. Dieu merci je n’avais oublié personne ! Ma mère aima beaucoup les tissus que j’avais acheté pour elle. Mes sœurs étaient ravies d’avoir du parfum canadien ! Mon frère Rachid apprécia la boucle de ceinture sur laquelle on pouvait lire : Montreal police. Bref, tous étaient heureux de leurs cadeaux ce qui me fit très plaisir.
Ma mère me trouvait maigre ! Selon elle je ne devais sûrement pas manger à ma faim dans ce pays là !
Elle me servit une assiette qui devait contenir trois bonnes portions au moins en me faisant promettre de tout manger !
Je n’avais pas très faim. La fatigue du voyage et l’émotion sans doute. Mais pour lui faire plaisir je léchai même mon assiette.
Tout le monde parlait en même temps et me posait des questions sur le Canada. Sur ma vie là bas etc.
Est-ce que je vivais dans une maison en bois rond ? Est-ce vrai qu’il faisait si froid ? Est-ce que les gens étaient racistes ? Y’avait-il des Mosquées la bas ? Etc.
Des amis, voisins et connaissances passèrent à la maison me saluer. Tous voulaient de mes nouvelles. Ma mère passa la soirée à servir les uns et les autres. Chez nous pas question de laisser une personne repartir sans au moins lui offrir un breuvage ou une soupe.
Je ne cessai de la regarder. Ma mère. Comme elle m’avait manqué ! Une femme comme il ne s’en fait plus ! Une femme rare ! Une femme dévouée ! Une femme pour qui le bonheur des siens passait bien avant le sien ! Et je m’en voulais de lui avoir donné tant de soucis. J’étais sans aucun doute responsable d’une grande partie de ces cheveux gris.
J’avais les larmes aux yeux, juste à la pensée que dans quelques semaines j’allais à nouveau me séparer d’elle.
Je me levai d’un bond me précipitai vers elle pour l’enlacer.
Je demandai à mon frère Rachid de mettre un peu de musique car je voulais faire danser la plus belle femme de l’assemblée.
Ma mère se fit prier en rougissant mais devant tous les youyous elle se soumit de bonne grâce à ma demande.
Ce qu’elle était belle lorsqu’elle riait ma mère.
Ce soir là en rejoignant ma chambre j’avais pris une décision.
A suivre …
__________________
L'amour, s'il unit les êtres, ne les dissout pas l'un dans l'autre. Citation de Georges Dor.
|