Chapitre 23
Pendant ce temps j’étais dans un avion qui m’amenait dans les Émirats Unis. Je devais rembourser ma dette.
Pendant tout un mois, je fus la maîtresse du Cheik Abderrahmane Ben Miled. Bah ! Cela aurait pu être pire ! Il était somme tout assez ordinaire dans ses perversions. Il aimait que je le domine et était fétichiste des pieds et du vinyle.
Je me rappelle encore de sa stupéfaction, la première nuit, lorsque je rentrai dans sa chambre vêtue d’un bustier en vinyle, jupe longue de cuir et vinyle et des souliers aux talons vertigineux. En fait, il en perdu presque ces moyens, mais je réveillai bien vite ces ardeurs. Il n’y a rien que je déteste le plus que de baiser sans y trouver mon plaisir.
Le Cheik était un amant généreux en tout point. Bijoux, vêtements de soie, repas dans les plus grands restaurants, hôtels 5 étoiles, il n’y avait rien de trop beau pour me faire plaisir. Il était fou de moi.
Au bout de quelques semaines, de délicieux sévices, je me dis que le moment était venu pour moi de repartir. J’en avais terminé avec le passé et je voulais me tourner résolument vers l’avenir.
Je me doutais bien que Abderrahmane ne me laisserait pas partir facilement alors j’eus l’idée d’inviter une amie à moi à venir nous rendre visite.
Myriam me ressemblait beaucoup si ce n’est qu’elle était musulmane. Lorsque le Cheik l'a vit, il resta sans mot pendant de longues minutes.
Je crois que le coup de foudre fut réciproque. Bien sur j’aurais pu m’en sentir offusquée mais ce n’était pas le cas. Tous les deux avaient besoin de l’un de l’autre comme le ciel à besoin des étoiles.
A partir de son arrivée le Cheik prétexta du travail à faire pour éviter de se retrouver seul en ma compagnie. Un soir, je le surpris dans les jardins de la maison en compagnie de Myriam et de Akima, la sœur de Abderrahmane. Celle-ci les suivait à bonne distance et je la soupçonnais de chercher à comprendre ce que son frère pouvait bien dire à cette femme.
Au bout de quelques jours tous les deux vinrent me voir et m’avouèrent qu’ils étaient devenus amoureux l’un de l’autre et voulaient se marier. Ce à quoi, bien sur, je donnai ma bénédiction.
Un peu plus tard, Abderrahmane me convoqua dans son bureau. Il était nerveux. Il me demanda alors si j’avais parlé de notre « relation » à Myriam. Je lui répondis que non ce qui sembla le soulager un peu.
- « Elle est si pure, si douce. Je ne voudrais pas qu’elle soit choquée en sachant que je n’ai pas respecté les préceptes de notre foi. »
Je l’assurai que je n’avais pas l’intention d’en parler à Maryam ce qui le rassura. Il me connaissait bien. J’étais une femme de parole. Mais je lui fis jurer devant Allah, qu'une fois marié, il serait le plus fidèle des hommes.
Ils se marièrent donc. Un mariage très simple comme le voulait Maryam qui avait horreur qu’on dépense des sommes folles alors que des gens mouraient de faim. Ils étaient tous les deux rayonnants de bonheur.
Je pris le chemin du retour dès le lendemain. Le Cheik avait été chic de me faire reconduire à bord de son jet privé. Tous les deux m’assurèrent de leur amitié et me firent comprendre que la maison me serait toujours grande ouverte.
Je déposai mes valises dans mon « loft » silencieux et plongeai dans mon lit pour reprendre des forces.
J’en aurais besoin pour affronter Thierry. Cela n’allait pas être de la tarte. Mais j’étais prête.
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L'amour, s'il unit les êtres, ne les dissout pas l'un dans l'autre. Citation de Georges Dor.
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