Chapitre 30
Pendant quelques jours j’évitai de me rendre au Café histoire de refroidir un peu. Puis j’y revins, avec l’envie secrète de la revoir mais en vain.
Un soir, Sara me dit qu’il serait bien que sa mère puisse venir au Canada afin de l’aider pour les relevailles. Je lui dis qu’elle vivait maintenant au Québec et que les femmes d’ici s’organisaient toute seule avec leur bébé ! Que de toute façon je n’avais plus un sous donc qu’il m’était impossible de faire venir sa mère !
Sara pleura toute la nuit mais je ne changeai pas d’avis.
Deux jours plus tard, je reçu un coup de fil de ma mère au bureau. La mère de Sara était venue la trouver pour lui donner une version de l’histoire qui était à mille lieux de ce à quoi je m’attendais.
A entendre ma mère, Sara m’avait décrit comme un tortionnaire ! Comme un homme qui la faisait vivre dans la misère ! Qui était pingre ! Que je ne la sortais jamais ! Que je l’avais obligé à travailler même enceinte etc. !
J’étais furieux !
Je me mis à crier tant et si bien que ma mère se mit à pleurer au bout de la ligne. Je mis fin rapidement à la conversation.
En sortant du bureau je me rendis au Café et, surprise, la belle inconnue était là, assise seule à la même place que la première fois. Elle me regarda et me sourit.
Une fois que j’eu commandé mon café, je m’approchai nerveusement de sa table et lui demandai la permission de m’asseoir avec elle. Elle me répondit oui d’une voix très douce.
La conversation coula très facilement entre nous. J’appris qu’elle travaillait comme secrétaire juridique pour une très grande boîte d’avocats, qu’elle avait divorcé, qu’elle n’avait pas d’enfant et qu’elle vivait à vingt minutes à peine de chez moi !
Pour ma part je ne donnai que des informations minimales du genre sexe, âge, ville.
C’est en entendant gargouiller mon estomac que je réalisai que nous discutions ensembles depuis près de 1 heure. Je pris congé avec regret prétextant que je devais être au bureau très tôt le lendemain pour une réunion.
J’acquittai nos deux factures et je laissai Emmanuelle à sa voiture avant de m’engouffrer dans la mienne en frissonnant.
Le retour à la maison fut pénible !
Sara était très inquiète de mon retard ! Sans doute n’avait-elle pas la conscience tranquille, elle qui m’avait décrit comme un monstre à sa mère !
Je ne répondis à aucune de ces questions et me dirigeai vers la salle de bain ou je me glissai dans la douche avec bonheur.
A suivre …
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L'amour, s'il unit les êtres, ne les dissout pas l'un dans l'autre. Citation de Georges Dor.
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