Chapitre 34
Latifa devait n’avoir qu’un an lorsque Sara m’annonça qu’elle avait l’intention de retourner sur le marchée du travail.
Bien sur j’étais contre cette idée. Pas question de faire garder ma fille par des étrangers !
Sara replongea à nouveau dans son mutisme et ses bouderies habituelles tant et si bien que la vie de la maison redevint rapidement irrespirable.
Pour quelqu’un qui comme moi aimait le calme et la paix j’étais servi. Quand ce n’était pas des crises de larmes c’était un boycott des taches ménagères et de la cuisine sans parler du nombre de fois ou j’avais retrouvé Latifa dans son berceau la couche malpropre !
Je rentrais tôt, pour m’occuper de la petite mais sitôt qu’elle était endormit, je ressortais pour aller respirer un grand bol d’air voulant éviter ainsi de me retrouver en face à face à une Sara de plus en plus morose.
J’avais déjà suffisamment de soucis comme ça. Au bureau il y avait eu des suppressions de postes et j’étais un peu inquiet quant à mon avenir dans cette société. Je ne voyais plus Emmanuelle depuis quelques semaines, elle avait coupé tous les ponts lorsque j’avais répondu négativement à sa demande de trancher enfin entre ma femme et elle.
J’aimais Emmanuelle c’est vrai mais pas au point de mettre en péril mon mariage et risquer l’opprobre de ma famille. Et puis, il y avait Latifa. Il me serait impossible de vivre sans elle !
Bref, je vivais une période de stress intense et voilà que Sara en rajoutait !
Au bout de 2 mois de ce régime j’acceptai qu’elle retourne travailler mais uniquement si elle trouvait une gardienne d’enfant qui soit à ma convenance.
Quelques jours plus tard elle me présenta Fatima, Marocaine de 22 ans qui vivait au Québec depuis peu. Celle-ci vivait avec ses parents et son frère Mustapha dans un appartement situé non loin de notre maison.
Fatima me fit rapidement bonne impression. Il se dégageait d’elle une confiance et un calme incroyable. Latifa l’aima tout de suite si l’on se fie aux risettes qu’elle lui fit dès qu’elle la vit.
Pour plus de commodités, Fatima viendrait garder la petite chez nous. Cela éviterait de trimbaler les jouets, couches, vêtements etc.
Sara trouva rapidement un emploi dans un dépanneur situé dans un autre quartier que le nôtre mais s’organisa avec une collègue pour le « voyagement ».
Dès les premiers jours j’établis une nouvelle routine et établis mon horaire de travail de façon à venir déjeuner à la maison ce qui me permettait de voir davantage la petite mais aussi de m’assurer que tout allait bien.
Je n’avais que des éloges à faire sur Fatima qui non seulement s’occupait de la petite de façon impeccable mais en plus trouvait le temps de s’occuper de l’entretien de l’appartement et même, parfois, de préparer le repas du soir.
Quant à Sara elle était épanouie comme jamais mais me repoussait de plus en plus fréquemment prétextant la fatigue ou une migraine.
J’avoue que l’abstinence ne m’allait pas très bien. Et la masturbation encore bien moins !
Surtout que mes fantasmes avaient de plus en plus le visage et le corps de Fatima !
A suivre
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L'amour, s'il unit les êtres, ne les dissout pas l'un dans l'autre. Citation de Georges Dor.
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