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Logement / Proprio en colère
Les proprios baissent les bras Marilou Séguin Le Journal de Montréal 28/05/2007 05h19 Selon la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), 60 % des cas de non-paiement de loyer ne se retrouvent jamais devant la Régie du logement. «Les propriétaires baissent les bras», explique Hans Brouillette, responsable des communications à la corporation. Lire aussi: Des airs de dépotoir Votre opinion: Quels moyens prendre pour se prémunir contre les mauvais locataires? Les pertes globales annuelles découlant du non-paiement de loyer au Québec s'élèveraient à près de 200 millions de dollars selon l'étude Le non-paiement de loyer et la santé du secteur locatif au Québec, rédigée par François Des Rosiers, professeur à l'Université Laval. En 2004, un article du projet de loi 57 proposait de permettre aux propriétaires de logements locatifs de saisir directement une partie du chèque d'aide sociale lors de jugements pour non-paiement de loyer. «Le gouvernement n'a cependant jamais voulu aller de l'avant avec cet article», dit M. Brouillette. Pas tous des Bougon Du côté du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), on estime qu'il faudrait être plus à l'écoute des mauvais payeurs. «Quand on ne paye pas son loyer, on n'a aucune défense. On aimerait que la Régie du logement écoute plus les raisons pour lesquelles les locataires n'ont pas payé leur loyer», dit André Trépanier, porte-parole du regroupement. «Ces gens-là ne sont pas juste des Bougon. Parfois, le chèque de CSST n'est pas arrivé ou il y a un décès dans la famille», dit-t-il. Mais Sylvain Noël compte bien déposer une demande à la Régie du logement. «Je vais m'essayer même si je sais que c'est un coup d'épée dans l'eau», dit le propriétaire. Pour la région de Montréal, la Régie du logement a reçu 843 demandes reliées au déguerpissement en 2005-2006 et 952 en 2006-2007.
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Logement / Proprio en colère
Des airs de dépotoir Marilou Séguin Le Journal de Montréal 28/05/2007 07h26 Des locataires partent sans payer et laissent leur logement dans un état lamentable. Les prestataires de l'assurance sociale n'étant pas saisissables, un propriétaire montréalais dont les locataires ont pris la poudre d'escampette sans payer leur loyer et en laissant leur logement dans un état lamentable a peu d'espoir de récupérer son argent. Lire aussi: Les proprios baissent les bras Votre opinion: Quels moyens prendre pour se prémunir contre les mauvais locataires? «Ce n'est pas compliqué, tout ce qu'on peut mettre à la poubelle se trouve par terre dans l'appartement», lance, exaspéré, Sylvain Noël, propriétaire de l'immeuble de Montréal-Est où se trouve le logement saccagé. Papier journal, emballages de nourriture, bouteilles de bière, vaisselle et canettes de boisson gazeuse, autant d'objets qui jonchent le sol et donnent des airs de dépotoir au logement de six pièces et demie. «C'est vraiment dégueulasse. C'est une vraie dompe. Je ne comprends pas comment des gens pouvaient vivre ici comme si de rien était», ajoute le propriétaire sidéré. Plus de 10 000 $ de dommages «Les portes d'armoires sont arrachées ou pourries, le tapis est complètement souillé et sent l'urine, sans parler de la salle de bain couverte de crasse», énumère M. Noël à titre d'exemples. «J'en ai pour 10 000 $ ou 12 000 $ de réparations. Même avec des bottes, j'ai de la misère à entrer dans la salle de bain. Comment faisaient les locataires pour aller à la toilette et prendre leur douche?» Propriétaire des lieux depuis 2003, M. Noël a découvert l'état lamentable du logement il y a deux semaines en venant réclamer les loyers impayés des mois d'avril et mai. «Quand j'ai visité les appartements en achetant l'immeuble, celui-là n'était pas très propre mais il n'avait rien à voir avec son état actuel», ajoute M. Noël. Le 21 mai au matin, le concierge de l'immeuble l'avisait du départ express des locataires. Aucun recours Même s'il obtient un jugement favorable de la Régie du logement, Sylvain Noël ne s'attend pas à récupérer l'argent perdu en loyer impayé et en réparations dues à la négligence de ses anciens locataires. «Puisque le montant des prestations est une aide de dernier recours, c'est insaisissable», explique Claude Morin, responsable des communications au ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale. «Mais aussitôt que la personne n'est plus prestataire, ses dettes courent toujours», ajoute-t-il.
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