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Vieux 25/09/2007, 15h12   #11 (permalink)
Mellymel
 
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L'auteur des Cerfs-volants de Kaboul supplie le monde de ne pas abandonner son pays


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Hamid Karzaï n'est pas le seul à s'inquiéter du sort qui attend l'Afghanistan en cas de départ de la communauté internationale.

Tandis que le président afghan appelait le Canada à ne pas retirer prématurément ses soldats, cette semaine, une autre voix, celle de l'écrivain Khaled Hosseini, suppliait le monde de ne pas abandonner son pays.

Khaled Hosseini est l'auteur du roman Les cerfs-volants de Kaboul, une oeuvre qui a connu un succès mondial et qui montre, à travers le drame d'un petit garçon, la montée de l'extrémisme en Afghanistan.

Établi depuis longtemps aux États-Unis, Khaled Hosseini a fait un séjour de 10 jours, à la mi-septembre, dans son pays d'origine. Il y séjournait comme émissaire du Haut-Commissariat pour les réfugiés et a visité de nombreux camps et villages où sont regroupés des Afghans rentrés d'exil depuis la chute des talibans. Il en est rentré bouleversé.

«Ces gens vivent dans des conditions extrêmement difficiles, ils n'ont pas de maison, pas de terres, pas d'écoles et peu d'accès à des soins de santé, ils vivent dans une pauvreté abjecte», s'indigne l'écrivain que La Presse a joint aux États-Unis alors qu'il rentrait tout juste d'Afghanistan.

Lors de son séjour, Khaled Hosseini a passé quelques jours à Kaboul avant de traverser le pays vers le nord, jusqu'à Qunduz et Mazar e-Charif. Au cours de ce voyage, une image l'a frappé au point qu'il n'arrive plus à la chasser de sa mémoire.

C'était dans un tout petit hameau du nord du pays, où des villageois avaient dû creuser un trou dans la terre pour y passer l'hiver. «C'était un village pachtoun très reculé, où se sont établis des nomades. Les villageois m'ont montré le trou où 22 habitants ont passé les deux derniers hivers. Les hivers afghans sont très rudes. Je suis descendu au fond de ce trou, c'était à briser le coeur», a raconté Khaled Hosseini.

Aujourd'hui, ces villageois sont en train d'acquérir des terres dans l'espoir d'y construire un abri, et le romancier espère qu'ils pourront y passer le prochain hiver.



Des progrès



Quatre ans après son dernier séjour en Afghanistan, en 2003, le romancier a trouvé que son pays avait progressé des routes ont été construites, des infrastructures réparées. À Kaboul même, des quartiers qui avaient été réduits en ruines pendant la guerre civile ont été reconstruits. «Mais des millions de gens n'ont pas profité de ces améliorations», regrette-t-il.

Des millions d'Afghans avaient quitté leur pays au fil des guerres successives. Quatre millions et demi de ces réfugiés qui s'étaient exilés au Pakistan et en Iran sont rentrés depuis la chute des talibans. En revenant en Afghanistan, ils ont eu un choc culturel devant la pauvreté et le chaos qui les attendait. «Leur réintégration est extrêmement difficile», a constaté Khaled Hosseini.

«Ils ont très peu d'opportunités économiques et le gouvernement n'a pas les moyens de les aider», déplore-t-il. Tous ces gens avaient espéré que le rythme de reconstruction de leur pays serait plus rapide. Aujourd'hui, ils déchantent. Pire : ils craignent que malgré les promesses, le monde ne laisse couler l'Afghanistan, comme il l'a fait dans le passé.



Moment critique



Six ans après le 11 septembre, l'Afghanistan vit un moment critique, constate Khaled Hosseini. L'insurrection gagne du terrain dans le Sud pour toucher même des régions centrales du pays. «Les gens à qui j'ai parlé dans le Nord sont tous inquiets de cette situation», dit le romancier qui a évité de voyager dans le sud du pays, pour des raisons de sécurité.

Les talibans gagnent-ils en popularité ? «Pas du tout, les gens n'ont pour eux aucune affection, le problème, c'est que les gens sont victimes des commandants locaux, ils voient que les promesses qu'on leur a faites ne tiennent pas, alors que les talibans leur promettent de ramener l'ordre et la stabilité. C'est comme ça qu'ils recrutent de nouveaux insurgés», a observé M. Hosseini.

Selon lui, les Afghans sentent que le monde se désintéresse peu à peu de leur sort. Alors, Khaled Hosseini lance un appel à la planète, suppliant la communauté internationale de ne pas retirer ses billes de son pays. «J'espère que le monde ne nous oubliera pas, comme cela a été le cas dans le passé. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser l'Afghanistan glisser à nouveau dans le chaos et l'anarchie, au risque de perdre tout ce que nous avons gagné depuis cinq ans.»
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Vieux 25/09/2007, 19h39   #12 (permalink)
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Pour un type qui demande au monde de ne pas abandonner l'Afghanistan il pourrait au moins retourner dans son pays maintenant que les talibans ne sont plus là. Mais non il vit au U.S.A Pour moi ça enlève toute crédibilité à son message = propagande.
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Vieux 26/09/2007, 09h13   #13 (permalink)
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Je crois sincèrement Yanomami que rien ne pourra faire en sorte de t'aider à penser que il y a peut-être un pourcentage de positif dans le fait que nous y participons mais bon. Selon moi il est certain qu'une participation de notre part n'est pas 100% noir, il y a du positif c'est sûre. Les raisons de la guerre sont nébuleuses mais notre participation n'est pas négative à 100%.

En passant les talibans y sont toujours....
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Vieux 26/09/2007, 19h13   #14 (permalink)
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Je crois sincèrement Yanomami que rien ne pourra faire en sorte de t'aider à penser que il y a peut-être un pourcentage de positif dans le fait que nous y participons mais bon. Selon moi il est certain qu'une participation de notre part n'est pas 100% noir, il y a du positif c'est sûre. Les raisons de la guerre sont nébuleuses mais notre participation n'est pas négative à 100%.

En passant les talibans y sont toujours....

Pour moi le peu de positif que ça amène ne vaut pas les milliards investis la-dedans.
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Vieux 26/09/2007, 21h40   #15 (permalink)
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Mëme le journal LaPresse se rend compte que c'est une guerre perdue d'avance.


Maintenant faut-il envahir le Pakistan???? Et après le Pakistan???


La guerre perdue




Photo La Presse




Michèle Ouimet

La Presse

Un mort et cinq blessés. Cette fois-ci, les soldats canadiens n'ont pas sauté sur une mine, ils se sont battus contre les talibans.


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Il y aura d'autres morts, d'autres blessés. Les 2300 soldats canadiens sont déployés dans le sud de l'Afghanistan, à Kandahar, la province de tous les dangers.

Huit militaires canadiens sont morts entre 2002 et 2005, 36 en 2006, 27 en 2007. Et il reste trois mois avant de boucler l'année.

Lundi, le chef d'état-major de l'OTAN, Dick Berlijn, a dit que les talibans étaient de plus en plus efficaces: «Nous remarquons qu'ils commettent moins d'erreurs. Ils deviennent plus précis, meilleurs.»

Pas étonnant. Les talibans se radicalisent et copient Al-Qaeda: attentats suicide, prises d'otages, bombes. Ils ont de l'argent, des hommes prêts à mourir et une base arrière où se ravitailler et s'entraîner, le Pakistan.

Commençons par l'argent. Première source: l'opium. Lorsque les talibans ont pris le pouvoir en 1996, ils ont tout fait pour éliminer le commerce de la drogue. À l'époque, ils se vantaient d'être des intégristes purs et durs et la drogue heurtait de plein fouet leurs convictions religieuses.

En 2001, après six ans de pouvoir taliban, l'Afghanistan ne fournissait plus que 5% de l'opium mondial. Aujourd'hui, ce chiffre a explosé: le pays produit 95% de l'opium de la planète. L'argent de la drogue finance les activités des talibans. Leur rectitude religieuse est drôlement élastique.

Autre source de financement: les otages. Selon le journaliste pakistanais Ahmed Rashid, les 21 otages sud-coréens kidnappés par les talibans cet été leur ont rapporté 21 millions. Le gouvernement sud-coréen aurait craché un million par otage. Assez payant, merci.

Les militants talibans sont faciles à recruter. Les conditions de vie des Afghans restent misérables, même si la communauté internationale a injecté des milliards dans le pays. Plus de filles vont à l'école et moins d'enfants meurent chaque jour, mais ces progrès ne changent rien au quotidien des gens qui continuent à manquer d'électricité et d'eau et à souffrir du froid et de la faim. Rien de mieux que la pauvreté pour grossir les rangs des extrémistes.

Les talibans se réfugient au Pakistan. Selon Barnett Rubin, expert de la question afghane, ils «contrôlent davantage de territoire au Pakistan qu'en Afghanistan». Rubin a visité l'Afghanistan 30 fois depuis 1989, dont 20 fois depuis 2001. Il sait de quoi il parle.

Le gouvernement pakistanais jure qu'il appuie les États-Unis dans leur lutte contre le terrorisme et qu'il fait tout pour chasser les talibans. Laissez-moi rire.

Le Pakistan et l'Afghanistan partagent une frontière commune de 2500 kilomètres. Le gouvernement pakistanais ne contrôle ni la zone frontière ni ses deux villes stratégiques, Peshawar à l'est et Quetta à l'ouest. C'est là que les talibans ont installé leur quartier général, là qu'ils s'entraînent et recrutent leurs hommes. Au nez et à la barbe des Pakistanais qui n'osent pas intervenir.

J'essaie d'aller à Peshawar et à Quetta, mais le consulat pakistanais à Montréal ne veut rien savoir. Il m'a accordé un visa restrictif qui m'interdit d'aller vers la frontière. J'ai besoin d'un permis spécial, un «No objection certificate», pour mettre les pieds à Peshawar et à Quetta. Difficile en diable à obtenir.

Le consulat s'en lave les mains. Je dois aller à Islamabad, au Pakistan, pour obtenir le fameux permis, comme si c'était la porte d'à côté. Mais deux équipes de Radio-Canada ont déjà tenté l'expérience. Ils n'ont jamais vu la couleur de ce foutu certificat.

Je veux aussi retourner en Afghanistan. Plus simple que d'aller au Pakistan. J'ai ressorti ma burqa et mes voiles, roulés en boule dans le fond d'un placard.

Je ne veux pas être pessimiste, mais je ne crois pas que l'OTAN va gagner cette guerre. Les soldats sont noyés dans cet immense pays qu'ils ne comprennent pas et qu'ils ne comprendront jamais. Aucune force étrangère n'a réussi à dominer les Afghans, je ne vois pas pourquoi l'OTAN réussirait.
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Vieux 13/10/2007, 16h03   #16 (permalink)
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Bon l'Irak c'est pas l'Afghan mais je reste dans le thème de la guerre.
Pourquoi cet article?
1-Dénoncer encore une fois les fausses représentations pour lesquelles les usa ont envahi l'Irak.
2-La dernière phrase de l'avant-dernier paragraphe ou je reconnais le côté ''proche du peuple'' de notre Jean national



Chrétien explique sa décision de ne pas envahir l'Irak


Photo PC




Presse Canadienne

Montréal

L'ancien premier ministre du Canada, Jean Chrétien, affirme dans ses mémoires avoir trouvé d'emblée que la preuve de la présence d'armes de destruction massive en Irak était «très faible».


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Dans son livre intitulé Passion politique, qui sera disponible en librairie à compter de mardi et dont La Presse a publié un extrait dans son édition de samedi, M. Chrétien explique les détails du refus du Canada de participer à la mission américaine en Irak.

L'ancien premier ministre tenait à ce que à la guerre en Irak passe par une résolution de l'ONU. Il aurait même demandé au premier ministre britannique d'alors, Tony Blair, de tenter de convaincre le président George Bush de s'adresser de nouveau aux Nations Unies, ce qui a abouti en septembre 2002 à la résolution 1441 du Conseil de Sécurité de l'ONU, intimant Saddam Hussein de désarmer le pays.

M. Chrétien prétend par ailleurs s'être dit que Colin Powell «s'était fait passer un sapin» lorsqu'il a plaidé la cause de l'invasion de l'Irak devant les Nations Unies en février 2003. L'ancien secrétaire d'État américain avait alors livré, devant le Conseil de Sécurité, des preuves pour le moins discutables de la présence d'armes de destruction massive en Irak.

L'ancien premier ministre du Canada soutient avoir déclaré à George Bush qu'il croyait que la preuve de la présence d'armes de destruction massive en Irak était «très faible». Selon lui, il n'aurait pas pu convaincre le «juge de la Cour municipale de Shawinigan» avec les minces preuves que lui avait communiqué l'administration Bush.

Il estime que le soutien dont George Bush avait besoin au moment où les États-Unis ont décidé d'envahir l'Irak était plus moral que militaire, et que le président se serait probablement satisfait simplement de l'approbation du Canada. C'est une chose qu'il a cependant refusé de faire, affirme-t-il, puisque l'ONU n'avait pas donné son aval à l'invasion.
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Vieux 15/10/2007, 11h05   #17 (permalink)
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Chrétien sur l'Afghanistan
Des parents de soldats morts sont en colère
Presse Canadienne (PC)
15/10/2007 08h21 - Mise à jour 15/10/2007 08h29




Jean Chrétien

© PC





Le blâme jeté par l'ex-premier ministre Jean Chrétien sur son successeur Paul Martin pour expliquer les dangers de la mission canadienne dans le sud afghan ont semé la colère chez plusieurs familles de soldats morts en mission.
Wanda Watkins, de Clearwater, au Manitoba, est dégoûtée que l'Afghanistan fasse l'objet de jeux politiques. Elle reproche au gouvernement Chrétien d'avoir sabré dans le budget de la Défense nationale, ce qui aujourd'hui nuit, selon elle, à la sécurité des soldats canadiens en Afghanistan. Son fils, Lane, a été tué à l'âge de 20 ans par une bombe artisanale à Kandahar, en juillet dernier.

Barry Mellish, de la Nouvelle-Écosse, a quant à lui perdu son fils Frank Mellish l'an dernier; l'homme de 38 ans était père de deux enfants. M. Mellish n'est guère impressionné par les mémoires de Jean Chrétien et de Brian Mulroney, et il espère que les Canadiens ne leur accordera pas une importance qu'elles ne méritent pas.

Pour sa part, Roxanne Priede, dont le fils Darrell a été tué cette année en Afghanistan, est résignée: les propos de Jean Chrétien lui confirment que chaque mort à toute guerre est inutile.

Quant à Margaret Walsh, elle est fière que son fils Jeffrey soit mort en mission pour aider son pays et maintenir la liberté du Canada, non pas pour des considérations politiques.

Toutes ces personnes se sont exprimées lorsqu'interrogées hier par le Globe and Mail. Elles ont réagi devant la publication de quelques extraits des mémoires de M. Chrétien intitulées Passion politique. Jean Chrétien accuse Paul Martin d'avoir trahi les siens et d'avoir nui au pays, notamment dans le dossier de l'Afghanistan, car l'indécision de Paul Martin aurait valu aux troupes canadiennes d'être affectées en zone de combats à Kandahar.
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Vieux 19/10/2007, 12h36   #18 (permalink)
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Petit contrepoids à la propagande de harper et de l'industrie militaire qui veut rester en afghan jusqu'en 2011


Les sondages et la vraie vie




Kandahar a des airs de vieux films en noir et blanc. Ou plutôt en noir et beige. Beige pour la poussière.
Photo Michèle Ouimet, La Presse




Michèle Ouimet

La Presse

Parlons de Kandahar puisque j'y suis depuis une dizaine de jours et que La Presse publie un sondage qui sonde le coeur des Afghans.


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Première question de la firme Environics: Est-ce que l'Afghanistan va dans la bonne direction? La moitié des répondants (46%) ont dit oui; l'autre moitié (43%) non. La première raison mentionnée par les optimistes: la reconstruction.

J'ai «visité» Kandahar quatre fois, la première remonte à 1996 sous les talibans. Je vous préviens tout de suite, je penche résolument du côté des pessimistes.

Oui, il y a eu de la reconstruction dans les campagnes environnantes: des puits ont été creusés, des canaux d'irrigation construits, des écoles ouvertes pour les filles.

Mais pendant que le Canada bâtit d'une main, ses soldats détruisent de l'autre. Et ça, les relationnistes de l'armée ne s'en vantent pas. Les blindés écrasent des récoltes et torpillent des maisons, car on ne chasse pas le taliban sans faire de dégâts.

Mais revenons à Kandahar, la ville la plus conservatrice d'Afghanistan. Je cherche, en vain, des traces de reconstruction. Je vais à Kandahar tous les jours, je franchis les 20 kilomètres qui séparent la ville de la base militaire et, chaque fois, j'ai l'impression d'être projetée dans un vieux film en noir et blanc. Ou plutôt en noir et beige. Beige pour la poussière.

Depuis 1996, la ville n'a pas changé, comme si elle était figée dans le temps. Je revois, à chaque visite, les mêmes trottoirs défoncés, les mêmes façades lépreuses, la même circulation infernale, les mêmes monticules de déchets qui agonisent sur les terrains vagues et les mêmes caniveaux à ciel ouvert qui exposent, sans pudeur, leurs entrailles remplies d'ordures.

Quelques grosses cabanes prétentieuses ont poussé dans le quartier Ansari, où vivent les nouveaux riches qui brassent des grosses affaires avec l'OTAN et les seigneurs de la guerre dont la fortune a explosé avec le trafic de l'opium. Là, on peut parler de reconstruction. Ou plutôt de construction.

Dans le sondage, les optimistes évoquent aussi la liberté, celle que les femmes ont retrouvée après la chute des talibans. Elles peuvent désormais travailler et aller à l'école. Formidable. Mais sont-elles plus libres pour autant? Pas sûr.

Les talibans ont été chassés du pouvoir, mais les vieilles traditions afghanes, elles, sont restées. Et elles ont la couenne plus dure que les talibans.

Je peux vous faire la liste des interdits si vous y tenez: les femmes ne choisissent pas leur mari, elles vivent sous la coupe des hommes, père, frères, oncles, cousins, elles n'ont pas le droit de fréquenter les restaurants, elles se tapent toutes les corvées, la lessive, le ménage, la cuisine, elles multiplient les grossesses à risque et elles n'ont pas accès aux contraceptifs.

Cette semaine, j'ai pris le thé dans une famille afghane. Rafisahil, un interprète de 19 ans qui travaille pour l'armée américaine, m'a invitée.

Il vit dans un immeuble décrépit bâti par les Soviétiques au début des années 80 avec sa mère, sa femme enceinte, son père, ses frères, ses soeurs, ses cousins, cousines, tantes et oncles. Une trentaine de personnes se bousculent dans un huit pièces.

Rafisahil a grimpé les marches d'un vieil escalier et ouvert la porte qui donnait sur un couloir sombre. Les enfants ont accouru vers le salon et se sont blottis dans les bras des adultes en me regardant à la dérobée.

Rafisahil et son frère gagnent chacun 600$US par mois. Payant, le travail d'interprète. Et risqué. Ils versent leur salaire au complet à leur père. Les femmes préparent une liste de choses à acheter et les hommes font les courses au bazar.

Pendant que les femmes servaient le thé, le père de Rafisahil, soldat à la retraite, m'a parlé de ses inquiétudes. Il soutient les Américains dans leur guerre contre les talibans, mais il a peur pour ses fils qui risquent leur vie.

La mère de Rafisahil a 35 ans. Elle a neuf enfants, sept garçons et deux filles. Elle aussi se fait du mauvais sang pour ses fils, mais au-delà de la guerre, c'est la crainte d'une 10e grossesse qui la taraude.

«Avez-vous des contraceptifs?» m'a-t-elle demandé juste avant mon départ en agrippant ma main.

Rafisahil a haussé les épaules en entendant sa mère. Il m'a raccompagnée à la base militaire en me racontant ses exploits avec l'armée américaine.

Le reste, les bébés, sa femme enceinte, les inquiétudes de sa mère, l'indiffère. Ce sont des histoires de bonne femme.

Et ça, ça ne se lit pas dans un sondage.
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Vieux 01/11/2007, 13h18   #19 (permalink)
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Une administration corrompue à l'os


Michèle Ouimet

La Presse

Kaboul

L'administration du président Karzaï est corrompue à tous les échelons, de l'humble fonctionnaire au puissant ministre. Les gens ne se cachent même plus pour exiger un pot-de-vin. Le Canada soutient ce gouvernement à coups de millions. Dans le quatrième et dernier volet de sa série sur les ratés de la mission canadienne en Afghanistan, notre envoyée spéciale donne un aperçu d'un phénomène qui a pris une ampleur sans précédent.

Il n'a pas changé. Il s'est un peu empâté avec les années, mais il est toujours aussi truculent. Et il a agrandi sa famille, il vient d'avoir un 17e enfant avec sa 3e femme. Son plus jeune a 2 mois, son plus vieux 28 ans.

Gul Agha Sherzaï est un des hommes les plus riches d'Afghanistan. Gouverneur de la province de Nangarhar, ancien ministre dans le gouvernement Karzaï, hommes d'affaires - il possède une entreprise de construction -, seigneur de la guerre et chef d'une puissante tribu pachtoune, les Barakzaï.

Vous valez combien? lui ai-je demandé.

«Je n'ai pas le temps de compter mes millions», a-t-il répondu dans un grand éclat de rire.

Je l'ai rencontré chez lui, à Kaboul. Il est arrivé en retard parce qu'il visitait un terrain que le gouvernement venait de lui donner dans Sheerpur, un quartier ultrachic, symbole de la corruption. Les seigneurs de la guerre, les ministres et les trafiquants de drogue se construisent des maisons plus tapageuses les unes que les autres.

C'était la troisième fois que je rencontrais Gul Agha Sherzaï. La première entrevue s'est déroulée à Quetta, au Pakistan, quelques semaines avant la chute des talibans, en octobre 2001. Il préparait fébrilement son retour au pouvoir en Afghanistan et sa maison grouillait d'hommes armés.

Je l'ai revu en 2003 à Kaboul. Il venait de perdre son poste de gouverneur de Kandahar, sa ville natale. Un conflit l'avait opposé au frère du président Karzaï, Ahmed Wali Karzaï, un homme puissant qui en mène large à Kandahar. Il n'y avait pas de place pour deux rois sur le même territoire.

Gul Agha Sherzaï a donc été rappelé à Kaboul par le président. Comme cadeau de consolation, il a hérité d'un ministère, celui de la construction.

Il a échappé à cinq attentats en deux ans. Le dernier remonte au début de l'été. Un kamikaze s'est fait exploser près de sa voiture. Les vitres ont volé en éclats, mais Sherzaï s'en est sorti sans une égratignure.

Tout le système est pourri

Gul Agha Sherzaï n'hésite pas à parler de corruption. Il la dénonce tout en s'empressant de préciser qu'il n'est pas corrompu et qu'il n'a jamais trempé dans le commerce de la drogue.

Ramazam Bashardost, ancien ministre dans le gouvernement Karzaï, ne croit pas aux dénégations de Sherzaï. «Tout le monde parle contre la corruption, dit-il, surtout les plus corrompus.»

«Jamais la corruption n'a pris autant d'ampleur, ajoute-t-il. Les juges demandent ouvertement de l'argent pour rendre un verdict favorable. Et ils veulent être payés en dollars US, pas en afghanis. Il n'est pas rare de voir un juge se lever devant tout le monde et se diriger vers une fenêtre pour examiner les billets de banque à la lumière du jour, histoire de s'assurer qu'ils ne sont pas faux.»

Tout le système est pourri par la corruption, affirme, de son côté, le président de la chambre de commerce, Hamidullah Farooqi.

«La corruption est dopée par les milliards que la communauté internationale déverse sur l'Afghanistan et par la folle croissance de l'économie de Kaboul, qui frise les 12%, dit-il. Les hommes d'affaires sont obligés d'offrir des pots-de-vin sinon ils ne peuvent pas rivaliser avec leurs concurrents.»

«Les organisations internationales, comme l'ONU, encouragent la corruption, poursuit-il. Les ONG nous disent qu'elles ne peuvent pas organiser des soumissions en bonne et due forme à cause des problèmes de sécurité. Alors, c'est toujours le même petit groupe qui rafle tout.»

Un haut-fonctionnaire proche du président Karzaï en a rajouté. Il m'a demandé de taire son identité.

«La communauté internationale a injecté 19 milliards en Afghanistan, souligne-t-il. Près de 95% de cet argent sort du pays. Les ONG emploient 540 étrangers qui touchent des salaires allant de 5000$ à 35 000$ par mois. Les deux dernières élections ont coûté 359 millions. Ce sont les étrangers qui les ont organisées et ils ont gardé l'argent pour eux.»

Le propriétaire et éditeur du Kabul Weekly, Mohammad Dashty, est encore plus mordant.

«L'ONU est un gouvernement dans un gouvernement. Jetez un oeil sur leur compound à Kaboul, c'est quasiment une ville fortifiée. Regardez leurs dépenses, les salaires qu'ils versent à leurs employés, leurs quatre roues motrices qui sillonnent la ville, les voyages qu'ils se paient. J'appelle cela de la corruption légale!»

La guerre sainte

Azizullah Lodin en connaît un rayon sur les pots-de-vin. C'est lui que Karzaï a nommé pour créer un département anticorruption en 2003.

Lodin a bûché ferme pendant 18 mois. Il a finalement accouché de trois rapports qui n'ont jamais été rendus publics. Et pour cause, il y nommait des gens et chiffrait l'ampleur des sommes détournées.

Il a déposé ses trois briques sur le bureau du président Karzaï, avec copie au procureur général. C'était en 2004. Depuis, rien: aucune accusation, aucune poursuite. Le néant.

M. Lodin m'a accueillie chez lui. Il en a profité pour se vider le coeur.

«J'ai découvert un vaste système de corruption au sein du gouvernement, raconte-t-il. Au total, 150 millions de dollars ont été détournés. Un ministre, par exemple, a pris un terrain et une maison qui appartenaient au gouvernement et il les a mis au nom de sa famille. Valeur: 21 millions. Plus de 55 millions de dollars qui appartenaient à l'État ont aussi disparu des banques.»

Celui qui préside actuellement le département anticorruption s'appelle Izzatullah Wasifi. Il a été condamné à quatre ans de prison aux États-Unis pour trafic de drogue. C'est le président Karzaï qui l'a nommé.

Mais la corruption ne touche pas que les ministres. Selon l'éditeur du Kabul Weekly, Mohammad Dashty, tout le monde touche des pots-de-vin. «Les officiers de police qui dirigent la circulation arrêtent les gens et leur demandent leurs papiers. S'ils les ont oubliés, ils leur soutirent 100 afghanis (2$).»

Pourquoi une telle corruption? Dashty a sa petite idée. «D'abord l'extrême pauvreté, répond-il. Quand un policier exige 100 afghanis, c'est parce qu'il ne peut pas acheter du pain pour sa famille, son salaire est trop misérable. Il y a aussi l'absence totale de contrôle de l'État. Et l'exemple vient de haut. Le fonctionnaire dépose ouvertement l'argent d'un pot-de-vin sur son bureau, puis il calcule la part qu'il versera à son patron.»

Le président Karzaï a décidé de s'attaquer à la corruption. L'année dernière, il a créé une haute commission. Il a demandé à Azizullah Lodin d'y participer. Il a accepté de se joindre à la première réunion, puis il s'est retiré.

«Je sais que ça ne donnera rien, laisse-t-il tomber. Je l'ai vécu quand j'étais à la tête du département anticorruption.»

Le Canada verse des millions au gouvernement Karzaï par l'entremise de la Banque mondiale. L'argent sert notamment à payer les salaires des fonctionnaires. Et l'ACDI travaille étroitement avec les ministères afghans de la reconstruction et du développement rural.

Comment le Canada fait-il pour vérifier que l'argent n'est pas détourné? «La Banque mondiale utilise les services d'une firme externe qui s'occupe de la vérification», explique Stephen Wallace, responsable de l'Afghanistan à l'ACDI.

Payante, la guerre

Le frère de Gul Agha Sherzaï, Abdul Raziq Sherzaï, vit à Kandahar. Il brasse de grosses affaires avec l'OTAN. C'est la guerre qui lui a permis de bâtir sa fortune.

Combien de millions? Comme son frère, il n'a pas le temps de les compter. «Cinq ou six», m'a-t-il dit lorsque je l'ai rencontré chez lui, à Kandahar.

Il loue des camions et des autos aux soldats et il transporte du matériel pour les bases militaires de Kandahar et de Bagram. C'est lui qui assure la sécurité des convois de marchandises contre les attaques des talibans. Il emploie 180 gardes armés et 350 travailleurs.

Il a des contrats avec les Néerlandais, les Américains, les Australiens et les Canadiens. Le Canada a accordé cette année 73 millions en contrats à 150 entreprises. Sherzaï en a obtenu pour 72 000$. Un acteur mineur. Ce qui ne l'empêche pas d'entretenir d'excellentes relations avec les Canadiens. «Ils nous invitent à leurs cérémonies, dit-il, et je les reçois chez moi pour qu'ils partagent mon repas.»
yanomami est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 21/11/2007, 10h36   #20 (permalink)
Mellymel
 
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Voilà qui devrait faire les manchettes...
Cette histoire est dure, mais tellement réconfortante pour le coeur, quand on regarde cette photo de John Gebhardt en Irak.

L'épouse de John Gebhardt, Mindy, dit que la famille entière de cette petite fille a été exécutée. Les insurgés voulaient la tuer aussi et l'ont tirée dans la
tête...mais heureusement ils ont raté leur coup et elle n'est pas morte. Elle fut soignée à l'hôpital de John et est en voie de guérison même si elle pleure et se
plaint.


Les infirmières ont dit que John est le seul à pouvoir la calmer, alors John a passé les 4 dernières nuits à la tenir dans ses bras pendant que les deux dormèrent sur
cette chaise. La petite se remet lentement.

John est un véritable héros de la guerre et il représente ce que l'occident tente de faire là bas.

Ça, mes amis, ça vaut la peine d'être partagé avec le reste du MONDE entier. Allez-y !!! Vous ne verrez jamais une telle chose dans les nouvelles. Gardez la nouvelle en
marche. Rien n'arrivera si vous ne le faites pas, mais le monde a besoin de voir des photos comme celle-ci et a besoin de réaliser que nous faisons la différence... même
si c'est une petite fille à la fois.

__________________
Mellymel est déconnecté   Réponse avec citation
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